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i. Intro


Il ne faut pas se voiler la face : au cours des années à venir, la crise économique et financière va influencer notablement notre société, notre marché de l'emploi et notre vie. Nous devons donc nous concentrer sur l'essentiel : remettre l'économie à flot et la consolider. Garantir l'emploi. La « voie sûre » qu'a toujours empruntée le CSV, même en des temps plus favorables, pour éviter de tomber dans une politique de dépenses irréfléchies, nous permettra de garder la tête hors de l'eau alors que la conjoncture est moins réjouissante.

Mais la « voie sûre » du CSV, consiste aussi à amorcer d'importantes réformes pour l'avenir, qui offriront à nos enfants et aux enfants de nos enfants une vie sûre. Ces réformes ont été mises en œuvre au cours des cinq dernières années et certaines ont déjà abouti. Les autres ne peuvent être abandonnées. Dans la situation tendue que nous connaissons actuellement, les investissements porteurs d'avenir dans la formation, la recherche, l'aide aux enfants et aux personnes âgées, la santé, les transports publics et l'innovation doivent être traités en priorité.

La « voie sûre » du CSV, cela signifie avant tout que nous ne voulons laisser personne sur le bord du chemin. La cohésion sociale de notre nation est plus importante que jamais. Car c'est précisément en temps de crise que les membres les plus faibles de la société risquent l'exclusion.

Le présent programme électoral s'entend dès lors comme un prolongement du programme électoral fructueux de 2004. Son texte ne comporte pas de laborieuses explications, mais des propositions claires et concrètes. Il décrit les priorités qui nous tiennent particulièrement à cœur. Quiconque attend de nous de grandes promesses dans tous les domaines sera déçu. Fidèles à la philosophie du CSV, nous ne promettons que ce que nous pouvons offrir. Ce n'est pas nouveau. Le CSV a pour habitude de faire peu de promesses, mais de faire tout pour les tenir.

L'objectif de la « voie sûre » pour 2014 est de « croître ensemble ». Cette devise couvre trois concepts fondamentaux :

Croître

Par « croître », on entend surtout « croissance économique ». Au Luxembourg, la croissance a longtemps semblé aller de soi. Nous avons à présent devant nous deux bonnes années de décroissance. Nous devons donc poser nos pions de façon telle qu'après 2010, notre économie recommence à croître de manière durable. Car la croissance doit être envisagée à long terme. « Croître », ce n'est pas seulement grandir, mais aussi mûrir. Lorsque nous parlons de « croître », nous pensons plus loin que les générations actuelles. Ce n'est pas pour rien que nous ne limitons pas nos programmes électoraux à une législature, voire au jour des élections. Nous pensons plus loin. Cette fois, nous pensons même plus loin que cinq ans. La proposition 2009 se fonde sur le programme de 2004, et le nouveau programme mise sur la continuité. Nous pensons « en générations ». L'ancienne génération a veillé à notre bien-être. C'est pourquoi nous nous sommes engagés, par exemple, pour des pensions raisonnables. Les générations futures aussi auront droit à des pensions correctes. C'est pourquoi nous ne pouvons que croître si nous le faisons dans un esprit de solidarité.

Ensemble

Dans un esprit de solidarité, nous ne pouvons croître qu'ensemble.

La solidarité intergénérationnelle

Nos ancêtres ont toujours vécu en se disant qu'ils devaient travailler dur pour que leurs enfants vivent mieux qu'eux. Aujourd'hui encore, nous ne pouvons pas nous permettre de vivre au jour le jour en nous reposant sur nos lauriers ; nous devons planifier à long terme. Pour que nos enfants et les enfants de nos enfants aient la chance de réaliser leurs rêves et ceux de leur descendance. C'est particulièrement vrai dans les domaines de la sécurité sociale, de l'environnement et du maintien de la paix en Europe et dans le monde.

La solidarité interprofessionnelle

C'est avant tout pour assurer cette solidarité que nous avons créé le statut unique des travailleurs privés. Les réflexes corporatistes nuisent à la cohésion de la nation. Salarié du secteur privé, fonctionnaire ou indépendant, tous sont des travailleurs. Tous apportent leur contribution à l'économie nationale. Tous les travailleurs doivent jouir des mêmes droits, sans pour autant que l'autonomie salariale soit remise en question.

La solidarité entre les Luxembourgeois et les non-Luxembourgeois, les autochtones et les frontaliers

Depuis la fin de la crise structurelle de l'acier, au milieu des années 80, le Luxembourg a connu un essor économique et social sans précédent, grâce auquel nous bénéficions aujourd'hui de salaires nets supérieurs à la moyenne internationale et de finances publiques élevées. En 1985, le Luxembourg comptait 150 000 personnes actives, contre 360 000 aujourd'hui. Les réserves élevées et les indemnités optimales offertes par les régimes de pensions sont uniquement dues à l'explosion de l'emploi dans notre pays. Durant cette période toutefois, la population luxembourgeoise n'est passée que de 267 000 à 277 000 habitants. Nous avons plus de personnes actives au Luxembourg que de Luxembourgeois. L'offre croissante d'emplois n'a pu être satisfaite que par une augmentation de l'immigration (la population du Luxembourg est passée de 365 000 à près d'un demi-million en 25 ans) et du nombre de frontaliers (de 10 000 à 150 000 durant la même période).

Néanmoins, nous constatons que le marché de l'emploi se divise. Il est des secteurs qui n'occupent que des Luxembourgeois, tandis que d'autres ne comptent pratiquement que des immigrés, et dans certaines entreprises, on trouve une majorité de frontaliers. Cela ne va pas dans le sens de la cohésion sociale. Tous ces groupes ont des droits et des devoirs envers la société. C'est une des conditions de la cohésion sociale du Luxembourg.

Croître ensemble

Le Luxembourg est un petit pays, qui ne peut s'affirmer que s'il se conçoit comme une communauté de destins. Jusqu'à présent, les recettes de notre succès étaient le faible écart salarial, l'intégration le plus souvent réussie des étrangers et des conflits de générations peu marqués. Nous avons toujours su « croître ensemble ».

La cohésion sociale, ce n'est pas qu'un slogan 

La cohésion sociale, ça se travaille. Son élaboration relève des tâches du politique. Pourtant, elle risque de s'effriter si nous ne parvenons pas à créer un marché de l'emploi plus unitaire, à amener plus de jeunes à décrocher de meilleurs diplômes et à oser accroître la part d'espace public dans nos vies.

Il s'agit également de concevoir notre création d'identité comme un processus continu, de considérer notre langue comme un élément non pas d'exclusion mais d'intégration, et que d'en encourager l'usage en conséquence. Il nous faut aussi rester ouverts à l'Europe et au monde. Nous devons être conscients qu'en période de crise mondiale, précisément, un petit pays ne peut s'en sortir qu'en s'alliant à d'autres. Nous ne nous tirerons pas de la crise tous seuls. 

Les aléas de notre histoire nous apprennent que le Luxembourg s'est émancipé dans les grandes alliances internationales, tant économiquement que politiquement. Ce fut le cas dans l'Union douanière, mais également dans l'UEBL, le Benelux, la CECA, la CEE et l'UE.

Dans la perspective du « croître ensemble », nous divisons notre programme électoral en trois thématiques :

  • zesumme schaffen (travailler ensemble)
  • zesummen halen (tenir ensemble)
  • zesumme plangen (planifier ensemble)

Ces thématiques sont pluridisciplinaires. Nous ne voulons pas d'un programme électoral propre à chaque ministère de tutelle mais d'un programme qui soit comme une mosaïque harmonieuse. Le renforcement de la mise en réseau des ministères doit renforcer la cohésion des différents domaines politiques et supprimer les barrières administratives.

Tout est en réseau. Nous avons besoin, pour l'avenir, d'une politique qui intègre la complexité du réel. C'est pourquoi les ministères devront intensifier leur collaboration. 

E Walprogramm mam Bléck op déi aktuell Situatioun - Un programme électoral sous le signe de l'actualité

Notre programme électoral est placé sous le signe de la crise économique et financière mondiale. Les années à venir ne seront pas faciles. C'est pourquoi la force financière de l'État est au centre de nos préoccupations. La crise financière partie du marché américain des crédits hypothécaires a fait basculer l'économie mondiale dans la récession. Il lui faudra des années avant de retrouver un taux de croissance durable. Dans les années à venir, les politiques devront tenir compte de la baisse de l'économie et des changements structurels qui en résultent dans tous les domaines.

La crise économique et financière trouve son origine dans l'abandon - conscient ou inconscient - des règles de base et des vertus cardinales du libéralisme social. L'industrie financière est victime d'une dérégulation radicale du marché.

D'Finanzmäert besser kontrolléieren - Meilleur contrôle des marchés financiers

Nous devons donc veiller à ce que les acteurs de la finance et tous les produits financiers sans exception soient soumis à un système de surveillance et de contrôle sans faille, et à portée mondiale. Il convient de mettre sur pied un système fonctionnel d'alerte financière internationale, qui garantisse que les signes précurseurs d'une crise sont repérés et traités à temps. Dans le sillage de la redéfinition des mécanismes européens de surveillance, nous devons, nous aussi, au Luxembourg, intensifier l'échange d'informations entre les différentes instances de contrôle de la place financière et la banque centrale luxembourgeoise et renforcer leur collaboration, même si nous ne relevons aucun problème notable dans notre pays.

Prioritéiten bei den Ausgabe setzen - Stricte discipline des dépenses publiques

Pour maîtriser les conséquences de la crise économique et financière, une économie financière durable est préférable. Étant donné qu'au cours des deux prochaines années, l'État devra soutenir la conjoncture à coup de moyens propres, le déficit budgétaire va s'accroître. Dans une perspective de politique financière durable, on ne considère pas que l'augmentation du déficit soit une situation normale. Durant la seconde moitié de la prochaine législature, il faudra s'attacher à combler le déficit, pour que le Luxembourg dispose le plus tôt possible de finances publiques à nouveau en équilibre. Sans une stricte discipline des dépenses publiques, nous n'atteindrons pas cet objectif. C'est pourquoi toutes les catégories de dépenses doivent être soumises à un test critique d'efficacité. À l'avenir, dans le développement et la restructuration des dépenses sociales, il faudra soigneusement distinguer les prestations en argent des prestations en nature. En matière de dépenses, la priorité devra aller à la politique d'investissements publics : notre déficit et nos dettes actuels ne peuvent pas hypothéquer les chances des générations à venir. Au contraire, nous devons leur léguer la meilleure infrastructure possible. Dans le domaine social et familial, il nous faut donc développer de façon ciblée les structures d'assistance, pour que l'accompagnement gratuit des enfants soit une réalité d'ici à 2015. Une coûteuse réforme salariale dans le service public n'est pas possible pour l'instant. Il faut en revanche abaisser le salaire de base des nouveaux fonctionnaires de l'État et des communes.

Steierpolitik der neier Situatioun upassen - Adaptation de la politique fiscale à la nouvelle situation générale

La politique fiscale doit tenir compte des nouvelles conditions économiques générales. Dans la première moitié de la législature, il n'y aura pas d'adaptation du régime fiscal à l'inflation qui, heureusement, diminue. Le Luxembourg conservera néanmoins la plus faible T.V.A. de toute l'Union européenne.

Tout citoyen doit d'acquitter intégralement de ses obligations fiscales. L'administration des impôts et celle de l'enregistrement et des domaines vont donc collaborer encore plus intensivement.

La politique fiscale est aussi une politique économique régionale. La fiscalité moyenne des entreprises doit être introduite par étapes, en fonction de la situation budgétaire par rapport à la moyenne de l'OCDE. La recherche, le développement et l'innovation doivent être soutenus fiscalement et par l'intermédiaire de subventions. Le paysage économique luxembourgeois a besoin d'un nouvel élan de diversification, notamment dans les nouveaux secteurs comme la logistique, les brevets, la propriété intellectuelle, les technologies de l'information et de l'environnement, etc. L'offre de diversification vaut aussi pour la place financière, dont la contribution à la croissance économique est indispensable. La gamme de produits doit encore être étoffée de nouveaux produits financiers innovants.

Les coûts non salariaux annexes resteront faibles, afin de continuer à contribuer à la compétitivité des entreprises luxembourgeoises.

Le Luxembourg ne peut projeter aucune politique de croissance totalement indépendante. Nous dépendons largement de la croissance européenne et mondiale. C'est pourquoi nous devons développer le réseau de conventions de double imposition : nous avons besoin de partenaires commerciaux dans le monde entier. Nous devons adopter les conditions cadres de l'OCDE sur l'échange d'informations sur demande. Au niveau national, le secret bancaire persistera. L'administration des impôts n'aura pas d'accès direct aux comptes bancaires des habitants du Luxembourg.

Aarbechtsplazen a Kafkraaft erhalen - Maintien de l'emploi et du pouvoir d'achat

Malgré notre grande dépendance de l'étranger, notre politique économique et financière doit être axée, en période de baisse de la demande, sur le maintien de l'emploi et des capacités de production, par l'intermédiaire du programme conjoncturel prévu pour 2009. Les mesures conjoncturelles doivent être poursuivies en 2010, voire, pour certaines, au-delà.

La préservation du pouvoir d'achat est également très importante. C'est pourquoi l'indexation des salaires est maintenue. À cette fin, le mécanisme d'indexation traditionnel est restauré, à moins que l'inflation et la baisse de la compétitivité aient rendu nécessaire l'application des dispositions d'exception de la législation sur l'index. Les salaires minimum et les pensions seront ainsi adaptés à l'évolution générale des salaires tous les deux ans. C'est pourquoi les abattements à la base existants - comme le bonus pour enfants, le crédit d'impôts pour les travailleurs, les retraités et les familles monoparentales - doivent être transformés progressivement en crédits d'impôts, pour que les citoyens reçoivent les mêmes prestations de l'État, quels que soient leurs revenus.

E Programm ënner allgemengem Finanzvirbehalt - Réserve générale de financement

Globalement, La situation économique générale et la baisse de revenus de l'État sont telles que, lors de la prochaine législature, il nous faudra faire notre deuil de plusieurs projets importants. Le programme électoral du CSV est donc assorti d'une réserve générale de financement.

CSV. De séchere Wee.